De l’importance des 3 points
Le monde du football, comme la sphère politique, met souvent en avant la pression médiatique comme maîtresse de tous les maux. Les Médias et ses acteurs formeraient une sorte de Phalanstère, un groupe autonome qui fonctionnerait selon ses propres règles et qui ferait naître la crainte et le désordre.
De ce fait, les Présidents de clubs, les directeurs sportifs, les entraîneurs et les joueurs se persuadent les uns les autres qu’ils doivent se méfier dès qu’une caméra ou un micro s’approchent trop près d’eux.
En France, à les entendre, cette pression serait énorme et empêcherait certains clubs de travailler dans la “sérénité” ou la “tranquillité” nécessaires à leur réussite. Les clubs pointent souvent du doigt cette presse quotidienne acharnée qui via son organe unique telle la Pravda diffuse la critique officielle.
Même si les équipes de football affirment ne jamais lire ce journal, elles le citent comme une source de déstabilisation et comme un facteur explicatif des crises qu’elles peuvent traverser. Pire encore, pendant l’Euro en Suisse et en Autriche, un journaliste TV de poids aurait par ses interventions 100% critique créé le doute dans la tête de certains Bleus…
Face à cet acharnement médiatique horrible et régulier depuis des décennies, le monde du football se devait de trouver une parade: “l’importance des 3 points”.
“L’importance des 3 points” symbolise une communication maîtrisée, ce que l’on appelle plus vulgairement la langue de bois. Afin d’avoir un discours lisse qui ne permette pas à ces monstres médiatiques de trouver la petite bête, le joueur et le dirigeant ne disent lors des interviews que des banalités.
Les interviews de terrain des joueurs se ressemblent toutes car le message est le même à chaque fois. Je vous livre quelques standards:
- “on a bien travaillé avec le coach et le groupe toute la semaine et on espère repartir ce soir avec les trois points”
- “on connaît au jour d’aujourd’hui la difficulté de s’imposer à l’extérieur et plus particulièrement à Sochaux donc nous allons respecter les consignes de l’entraîneur et jouer les coups à fonds s’ils se présentent”
- “le bloc équipe est bien en place au niveau tactique et au niveau de l’envie, il faut continuer dans ce sens”
- “On va continuer à travailler et bien se préparer pour le match suivant, on prend les matchs les uns après les autres”
Les interviews à la mi temps ne servent souvent à rien car l’entraîneur ne veut rien dévoiler de sa tactique et souvent les questions sont identiques à celles posées au match précédent:
- “Raymond, comment avez vous trouvé les Bleus en cette première mi temps ?” « J’ai trouvé les joueurs concernés mais on doit aller plus de l’avant »
- “Des changements prévus en deuxième, Raymond? « On y réfléchit avec le staff »
Bref, le langage est souvent policé et n’apporte rien aux lecteurs ou aux téléspectateurs. Les joueurs répondent comme des robots à l’instar de Peter Luccin un soir de match aller de Coupe de l’UEFA au Vélodrome: “l’important ce soir c’est qu’on ait pris les 3 points”….
Les journalistes ne savent plus quelle question avancer comme Pascal Praud à Franck Sauzée un certain 26 mai 1993 lors de la victoire de l’OM en Champions League: “alors Franck, content d’avoir gagné?

Pascal Praud, directeur de la communication du FC Nantes, n’est pas une pipe…
Certains joueurs franchissent parfois le pas et passent outre cette communication des “trois points” mais cela se retournent souvent contre eux à l’image de Robert Pires, Ludovic Giuly ou plus récemment Florent Malouda.
En ce sens, la langue de bois a encore de beaux jours devant elle dans le football mais vivement qu’elle change de sémantique!












On a Paga, quand même, dans un style différent…
Magique ça, pangloss commente son propre blog, ça me donne le tournis!
J’aime bien quand ozibao parle de sport, j’ai tout compris ce coup ci, enfin je dis ça …
Comme les paroles des joueurs sont prévisibles, Canal a eu la bonne idée en effet de mettre un homme de terrain comme Paga qui devient par ses interventions décalées la seule attractraction de ces interviews
Laura> ben oui je suis comme ça moi…c’est la magie d’Internet!
Flo> C’est sur que le pere Paga, c’est le seul qui arrive a casser un peu la rythmique des paroles creuses et sans interet des joueurs et entraineurs. Dommage qu’il n’y en ait qu’un comme lui, parce que les autres…sont quand même un peu dramatiques…sauf quand il s’agit de Rothen, qui balance carrément, mais…dans un bouquin…