De la passe à son gardien… le retour !

Ayant passé récemment le cap de la trentaine, je commence à m’arrêter sur des petits détails qui m’obsèdent… Et, avec l’âge soi-disant, on apprend à conjuguer à la première personne un verbe du premier groupe : radoter. En effet, depuis le début de la saison, à chaque match de mon canapé, je focalise sur la passe en retrait au gardien. Alors, pour me libérer (une nouvelle fois) de ce poids, je recycle donc un post de l’année dernière sous forme de Haro à la passe en retrait à son gardien ! Pour être tout à fait transparent, mis à part un choc stratosphérique entre Brest et Nantes, je n’ai vu que des matchs avec Lloris et Mandanda, ce qui biaise sans aucun doute mon analyse :

Aujourd’hui me vient à l’esprit un sujet capital sur le plan footballistique, j’ose même penser que c’est un thème tabou car personne n’en parle et cela m’exaspère (je pèse mes mots): la passe en retrait d’un défenseur à son gardien !!!!

Après le Mundiale italien en 1990, les sages de la FIFA, devant le faible spectacle proposé dans les stades transalpins, ont réfléchi aux évolutions possibles des règles de ce jeu qui passionnait les foules du XXème siècle.

Ils ont décidé notamment qu’il serait désormais interdit au gardien de but de s’emparer du ballon à la main lors d’une passe en retrait d’un joueur de son équipe. En effet, cette pratique ralentissait le jeu d’une façon considérable et permettait aux défenseurs en difficultés de s’en sortir à bon compte.

Cette règle a révolutionné le poste de gardien de but car à partir de cette nouvelle disposition il devenait au sens littéral du terme un footballeur: il se devait d’utiliser ses pieds! On vit apparaître l’expression de “gardien moderne” dont le français Fabien Barthez en fût le meilleur exemple.

Le gardien moderne était désormais un nouveau libéro et donc le premier relanceur de son équipe. Quelques années avant cette révolution, des illustres gardiens avaient montré la voie comme le colombien Higuita ou le fantasque français Pascal Olmeta sur les terrains de la D1.

Cette nouvelle donne fit apparaître une querelle entre les “anciens” et les “modernes” au sujet du nouveau rôle à donner aux gardiens de but. L’école allemande forte de ses monuments tel Sepp Maier préféra les gardiens à l’ancienne comme Bodo Ilgner, Andréas Kopke ou en encore King Kahn, cerbères forts sur leur ligne et dans les airs mais ne s’aventurant guère au delà de leurs prérogatives naturelles.

Fabien Barthez ou l’anglais David Seaman, eux, ont créé un nouveau style où le gardien entrait pleinement dans la construction du jeu. Seaman montait très haut afin de relancer à la place de son libéro, Barthez avait une qualité de passe et un pied gauche qui lui permettait de se sortir de situations délicates et d’aider le ballon à repartir “propre”.

L’école sud-américaine, elle, est allée beaucoup plus loin : les gardiens de but y ont outrepassé fortement leur prérogatives en devenant des “gardiens volants” comme on en voit dans les cours d’école. Je pense au paraguayen Chilavert, au brésilien Rogério ou au mexicain Campos.

Cette mise en relief historique effectuée, je viens à ce qui m’exaspère lorsque je regarde un match de foot dans un stade, dans un bar ou dans mon canapé.

Après une étude fouillée et méthodique grâce au un visionnage d’un nombre important de match (ma copine pourrait témoigner du sérieux de mon étude), je peux affirmer que 90% des passes en retrait données à un gardien de but aboutissent à une relance de ce dernier qui est un ballon perdu pour son équipe (ballon en touche, ballon inexploitable pour son coéquipier, ballon rendu à l’adversaire).

Cette passe en retrait peut même créer une action de but pour l’équipe adverse, combien de “buts casquettes” peuvent en témoigner…

Ce que je ne comprends pas, c’est comment on préfère donner la responsabilité de relancer à une personne qui est là pour jouer avec ses mains au lieu de la donner au défenseur qui lui est payé pour jouer avec ses pieds.

Il y a certes des cas où le défenseur n’a pas le choix et doit faire cette passe en retrait mais le plus souvent il peut s’en passer. Il y a bien des gardiens très talentueux avec leurs pieds mais les défenseurs de nos jours ont peur de prendre leurs responsabilités en relançant.

Certains vont me dire bien entendu que quelques stoppeurs ont moins de technique que le portier derrière eux et qu’ils sont là uniquement pour leur potentiel physique. Mais bon, ce n’est pas une généralité…

Je propose donc à tous les entraîneurs de bannir cette passe en retrait afin de promouvoir le “beau jeu” et l’efficacité. Voilà c’est dit, je suis enfin soulagé.

Flo

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1 commentaire sur “De la passe à son gardien… le retour !”

  1. Construction Brest…

    Votre article : De la passe à son gardien… le retour ! est retenu et publié sur notre compte Twitter….

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