De la prospective footballistique…

Eric Besson, le secrétaire d’Etat de la Prospective, de l’évaluation des politiques publiques et du développement de l’économie numérique (tout un programme!) a été chargé de rédiger un rapport sur la compétitivité des clubs de foot français.

Cet homme “d’ouverture” du gouvernement Fillon s’est donc plongé dans la mêlée du foot français pour comprendre pourquoi nos clubs ne jouent pas dans la cour des grands au niveau européen.

Cette question est même brûlante car le niveau de notre indice UEFA ne va plus être une protection très longtemps.

Les résultats des campagnes européennes de ces dernières années ajoutés aux débuts difficiles de l’OM et des Girondins en Champions League cette saison vont peut être agir comme un couperet fatidique pour notre représentation en Coupe d’Europe.

Cet indice UEFA définit le nombre de clubs d’un pays autorisés à disputer les compétitions européennes l’année suivante.

Or, si nos clubs ne passent pas l’hiver et regardent les matchs européens du printemps à la TV, il est possible que nous perdions notre troisième représentant en Champions League…

Les raisons de ce manque de compétitivité face à l’Angleterre, l’Italie et l’Espagne sont connues depuis des années. En effet outre la fiscalité qui est plus avantageuse sur les salaires dans ces trois pays, nos clubs pâtissent d’une absence d’attractivité.

Les ressources des clubs sont multiples (billetterie, droits TV, sponsoring, merchandising) mais hormis les droits TV, elles sont mal travaillées en France.

Le plus grand chantier est celui des stades qui malgré un lifting pour la Coupe du Monde 98 accusent un retard considérable par rapport à nos voisins européens en terme d’infrastructures d’accueil.

Quand on voit la difficulté que connaissent des villes comme Lille, Lyon et Nice à mener à bien la construction d’une enceinte moderne, on ne peut être que septique sur la capacité de nos clubs à tirer des ressources importantes de la billetterie.

Au niveau du sponsoring, il arrive parfois que certains clubs n’aient pas de sponsor maillot. Si on regarde les maillots de nos clubs, on se rend compte que peu de grandes entreprises ou multinationales y sont présentes.

Les politiques de merchandising sont très peu offensives et manquent d’originalité. Les maillots sont parfois si horribles qu’on les mettrait même pas pour dormir (au fait, n’oubliez pas de passer par la boutique d’Ozibao!!!!).

La saison dernière, j’ai assisté à un match de D2 anglaise (ne le dites pas à ma copine, je lui est fait croire que c’était la Premier League!!!) à Charlton, un des nombreux clubs de Londres.

La boutique de Charlton Athletic est plus grande que celle du PSG… Le club m’a même envoyé par la poste ma carte de supporter qui m’offre à vie des réductions pour assister à des matchs à The Valley, un des stades les plus chauds de Londres…

Pour compléter ce tableau, il convient d’ajouter comme raison de notre manque de compétitivité le fait que les clubs anglais, italiens et espagnols font du “dumping budgétaire”.

En effet, ils ne sont pas soumis à des normes comptables très strictes… Michel Platini avait évoqué la création d’une DNCG européenne, c’est à dire un organisme qui vérifie les comptes et sanctionne par une rétrogradation en cas de déficit important. On attend toujours…

Quand je lis que Chelsea a un déficit de 935 millions d’euros et que le Brest Armorique a été sanctionné au sommet de sa gloire au début des années 90 pour quelques millions de francs, je me dis que le monde est trop injuste (lol).

Pour faire face aux difficultés des clubs français, Eric Besson donne une piste dans son rapport qui, j’espère, restera une simple prospective. Il souhaite appliquer certaines pratiques du sport US en faisant évoluer le championnat de L1 vers une ligue fermée pendant des cycles de trois ans.

Il n’y aurait donc pas de descentes et de ce fait pas de montées pendant trois ans. Cette disposition réduirait ainsi l’incertitude qui touche nos clubs français et qui les freine au moment d’investir car ils n’ont actuellement qu’une visibilité sur un an…

Au bout de trois saisons, on ferait la somme des points de chaque club afin de trouver les relégués… Et, les clubs de L2, ils iront à la pêche pendant ce temps là? A part le fait que l’OL sera toujours champion, je ne vois pas  en quoi cela augmentera la compétitivité de nos clubs.

Cela risque seulement de faire naître chez les supporters un désintérêt En effet, l’essence du football est  l’incertitude.

Les clubs deviendraient des franchises et le lien avec les supporters seraient coupés comme pour les aficionados du club de la Ciudad de Murcia, deuxième équipe de cette ville espagnole après le Real Murcia, qui s’est délocalisé à Grenade…

Je ne veux pas voir ces méthodes US appliquées au football car notre jouet en serait cassé. Monsieur Besson vous faites fausse route…

Flo

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