De l’âge du capitaine et de mes 30 ans
Depuis le début de la saison, un dimanche sur deux, le chant du cygne se joue à Milan. Il a pour unité de lieu, la Scala du football en Lombardie, le stade Guisseppe Meazza. Assis dans les sièges du théâtre San Siro, la famille milaniste vient assister aux dernières représentations de l’artiste Paolo, l’héritier de Cesare, son père, qu’il a dépassé depuis bien longtemps dans la légende des rossoneri.
Ces dernières semaines, les gazettes du sport ont fait l’écho d’un dernier derby contre l’ennemi de toujours, l’Inter, d’un dernier match de Coupe d’Europe. Inéluctablement, le dernier match approche. Le clap de fin, sans aucun doute couvert par la clappe des supporteurs, est proche. Un ovation finale se prépare. Indiscutablement, elle aura valeur de ballon d’or, ce trophée qui l’a injustement oublié à son palmarès.
Oui, la dernière représentation du mythe Paolo Maldini devrait avoir lieu en mai, si les genoux du numéro 3 milanais lui permettent d’étirer sa carrière jusque-là. Les plus mélancoliques parleront alors de « petite mort ». Les plus optimistes diront qu’il aura du temps pour deviser avec les autres membres du meilleur « Back Four » italien de tous les temps: Baresi, Costacurta et Tassotti. Et puis, à 40 ans, il est temps de transmettre le brassard et de déposer les crampons après tant de batailles menées.
Nostalgique, cette dernière fois me fait penser à la première fois. Comme un trait d’union familial, Nils Liedholm, un ancien partenaire de Cesare Maldini , est l’entraîneur qui a lancé en 1985 le jeune Paolo, contre l’Udinese. D’ailleurs, c’est peut être en hommage à ce suédois que Maldini fils deviendra l’égérie de H&M.

(Paolo Maldini selon Panini)
1985, c’est précisément l’année où j’ai commencé à m’intéresser et à comprendre la chose footballistique. Je réalise donc que Paolo Maldini joue depuis que je suis ce sport, qui occupe mon esprit quotidiennement depuis cette époque. Il est le dernier des Mohicans d’un autre football, celui de mes débuts.

(Son numéro sera remisé dans le Hall of Fame milanais)
Plus que les soirées d’anniversaire des potes de mon âge qui s’enchaînent, le départ à la retraite de Maldini me ramène à la réalité: je vais avoir trente ans cette année.
En y pensant, cela me fait drôle que les joueurs de « ma » génération, les Henry, Trezeguet ou Anelka, que j’ai vu débutés quand j’avais 17 ans, passent pour les anciens dans cette bataille de Hernani avec les modernes qui leur chipent leur place dans le bus.
Paolo Maldini me fait prendre conscience que j’ai un âge où un coup de fil du sélectionneur des Bleus à mon égard devient de plus en plus hypothétique. Même si grâce à Steve Savidan, je garde espoir d’étrenner ma première cape au Cap en Afrique du Sud en 2010.
Mais en définitive, appel ou pas de Domenech, j’espère garder toujours en moi ces yeux d’enfants quand je regarde un match de foot, quand je découvre un nouveau joueur… A 40 ans, lui, Paolo Maldini a su conserver le même regard enfantin qu’il avait lors de son entrée en jeu, en 1985, à Udine. Ciao l’artiste et merci!
Flo


