Du choc psychologique
Chaque année, en tant que fan inconditionnel du Real Madrid, j’attends avec impatience la semaine qui précède le premier clasico de la saison. En effet, une fois la saison commencée, chaque week end, je vis au rythme des matchs de la Casa Blanca et des catalans du FC Barcelone. Et là, il est enfin temps d’en découdre.
Notre rival est ô combien respectable avec toutes les références que les culés du Barça véhiculent, entre l’héritage de Kubala, de Cruyff, la période divine de Maradona, la Dream Team des années 90, son stade et sa cantera (centre de formation) élevée au biberon du beau jeu. Le duel n’en n’est donc que plus beau car notre adversaire est magnifique.

(Juande Ramos, propulsé entraineur du Real a trois jours du clasico…)
Mais force est de constater que l’année où la quinta del buitre (les 5 joueurs historiques des années 80-90) fête ses 25 ans, le Real Madrid n’est pas au mieux à l’heure de se présenter ce samedi au Camp Nou.
De surcroît, crime de lèse Juan Carlos, son entraîneur, l’allemand Bernd Schuster a déclaré que le club de Chamartin n’avait aucune chance de gagner en terres catalanes.
Et, qui pourrait être plus crédible que Schuster qui voit les joueurs du Real au quotidien, qui est socio du Barça (eh oui, c’est énorme ça!) et qui est un des rares joueurs à avoir porté les couleurs des trois grands clubs espagnols (Real Madrid, Barça et Atletico Madrid)? Dure réalité…
En général, quand les affaires vont mal dans un club, les Média se tournent vers le président pour lui demander si l’entraîneur est menacé.
Si le président « renouvelle » sa confiance à l’entraîneur, vous pouvez à tous les cas être assurés que les jours de ce dernier à la tête de l’équipe sont comptés. Schuster avait bénéficié de cette confiance présidentielle lors des dernières semaines…
L’entraîneur a donc, une nouvelle fois, servi de fusible afin de rassurer les socios à quelques jours du clasico. La recette est connue. Dans le journal L’équipe, cette semaine, le défenseur de Châteauroux Julien Cordonnier méditait sur la difficulté de trouver la bonne chaussure (à crampons!) à son pied sur le banc.
Virer l’entraîneur serait la solution de facilité selon lui, je cite : »Comme à chaque fois dans le foot, on ne peut pas virer vingt-cinq joueurs… »
Il serait d’ailleurs intéressant d’organiser un débat entre ces entraîneurs déchus et un autre fusible classique au moment des crises, le premier ministre. Un Téléfoot avec Michel Rocard et Albert Emon…Je divague, excusez moi…
Revenons donc au Real. Comme tout événement majeur concernant le club madrilène, je me sens obligé d’en discuter avec ma copine.
– « On a changé d’entraîneur », lui ai je dit en premier mardi soir quand elle retrait du boulot.
– « Ah bon, et ils ont pris qui ? » me répondit elle, faisant semblant de s’intéresser à cette information capitale.
– « Juande Ramos ». »
- « Il vient d’où? »
- « de Totenham, en Angletterre »
- « Et il est bon? »
– « Ben, il s’est fait viré car il était bon dernier après une dizaine de match… », lui ai je répondu tout penaud
– « Ridicule »
Et oui, vu comme cela, alors que je cherchais du réconfort dans ce moment difficile, elle ne me rassurait pas car en quelques questions, alors qu’elle n’est pas une spécialiste footballistique, elle avait pointé du doigt là où cela faisait mal.
Je tentais de rester positif en me disant que Juande Ramos avait gagné deux coupes de l’UEFA avec le FC Séville et la Coupe de la Ligue, l’année dernière, avec les Spurs. Et puis merde, il a quand même perdu en début de saison Berbatov et Robbie Keane, ce n’est pas rien…
Le lendemain, mon optimisme était conforté par la première sortie réussie de Ramos face aux russes du Zénit avec une victoire 3-0 en Champions League. Le journal pro Real Marca titrait: « le beau jeu est de retour ». Ouf!
Le Barça n’a qu’à bien se tenir car le Real a trouvé son arme pour le vaincre: le choc psychologique. En effet, quand un nouvel entraîneur arrive, on utilise cette expression pour justifier le fait que l’équipe gagne de nouveau.
Je suis donc rassuré. Nous, on a le choc psychologique pour affronter les Messi, Henry, Eto’o et consorts. Ils n’ont qu’à bien se tenir les catalans, ils tremblent, j’en suis sûr… Ce match sera un vrai choc…
Mais au delà de l’affrontement de samedi, j’espère que ce choc ne laissera pas trop de séquelles par la suite car quand je repense à toutes ces réanimations mentales qu’a subies le capitaine du Real, Raul, depuis qu’il a débuté en équipe première un soir de match à Saragosse en 94, je m’interroge.
L’énumération des entraîneurs qu’il a connus et dont je me souviens devient alors inquiétante: Valdano, Floro, Toshack, Capello par deux fois, Del Bosque par deux fois également, Queiros, Lopez Caro, Luxemburgo, Schuster…Et j’en ai sans aucun doute oublié…



Difficile de se prononcer sur ce Clasico en effet! Entre un Real qui alterne bon, comme face au Zénith, et moins bon, comme face à Getafe ou Séville, puis un Barça avec un Eto’o en forme olympique, un Messi décisif… et pourtant quelques moments d’oubli, comme ils ont pu nous le montrer face au frêle promu Numancia ou encore lors de la réception du Fc Bâle… De plus les 7 buts encaissés en 6 matchs de champions league laissent planer quelques doutes sur la forme défensive catalane! Un clasico qui s’annonce ouvert et ce malgré l’arrivée de Ramos qui a mon avis ne jouera un bien grand rôle vu le peu de temps qu’il aura eu pour préparer ses troupes.
En attendant, un autre clasico a lieu ce soir! A moindre échelle certes, mais important tout de même pour tout bretons et ligériens qui se respectent… Rennes-Nantes, ou le duel éternel mais cette fois les rennais ont pris l’habitude depuis quelques années d’être à la place que l’on avait l’habitude d’occuper dans le passé… Les bretons jouent l’Europe, Nantes le maintien, mais comme le passé nous l’a aussi montré, le FCN n’est jamais aussi dangereux que lorqu’il est blessé (cf saison 1999-2000). Alors amis journalistes de l’Equipe et consor, attendez juste un tout petit peu avant d’enterrer les canaris…
B.A
Bien vu Baptiste!
C’est vrai que les nantais ont fait plus que bonne figure samedi soir, l) ou ils n’etaient pourtant pas donnés favoris, loin de là…