Du petit Jean-Michel illustré
7 fois champion de France, meneur de jeu, excellent tireur de coups francs, capitaine emblématique… Vous voyez de qui je veux parler?
J’en suis sûr, les images de mardi soir vous viennent immédiatement à l’esprit. Comme moi, les flashs d’une lucarne nettoyée bercent vos pensées depuis le début de la semaine de même qu’ils rendent agitées les nuits du gardien catalan, Valdés.
Une telle carte de vite: c’est Juninho, évidemment. Cela ne peut être que l’homme de Recife qui donne souvent à l’OL les clefs pour résoudre les situations les plus compliquées.
Et pourtant, je fais référence à un autre temps, celui des poteaux carrés version 76. En effet, cette description correspond aussi à un joueur venant d’une époque où l’Europe du football se faisait entre Kiev, Amsterdam et Munich. Ce joueur, comme Juninho, gagnait aussi le plus souvent le derby mais dans l’autre camp, celui des Verts.
Tout à fait, vous l’avez compris, il s’agit de Jean-Michel Larqué.
Souvent, on oublie que Larqué, avant d’être commentateur ou consultant, n’était pas une pipe comme joueur. Mais, dans ce billet, ce n’est pas le Larqué en short qui va nous intéresser mais le Larqué cravaté en tribune de presse.

(Larqué, capitaine des verts)
Ozibao vous propose donc un décryptage de ce monument du micro, une sorte de petit Jean-Michel illustré.
Tout d’abord, pour bien comprendre Jean-Mimi, il faut réviser avant les matchs ses réflexions fleuries et imagées. Je tiens à rassurer les novices, au bout de quelques matchs visionnés dans votre canapé, vous serez rapidement bilingues en Larqué. Ces expressions sont récurrentes dans sa bouche. Extraits:
- « Il a avalé la trompette », signifie que le joueur est fatigué
- « Il lui a fait un café crème », résume une action où un attaquant a enrhumé un défenseur par un dribble.
- « Il a sorti les deux aimants, le pôle Nord et le pôle Sud », décrit un double contact pied gauche pied droit.
- Larqué nous donne aussi la formule de l’équilibre parfait que cherchent tous les collectifs pour bâtir une équipe compétitive: « Il faut des joueurs de piano mais aussi des déménageurs ».
Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive.
De plus, de part son activité d’éducateur pour les jeunes footballeurs en herbe, Larqué utilise la pédagogie de la répétition pour faire passer certains messages ou principes de jeu. Florilège de préceptes répétés inlassablement:
- « Il faut conduire le ballon, il ne faut pas qu’il vous fasse courir »
- « Le vent est un des pires ennemis du footballeurs » Ça c’est vraiment pas con!
- « On le sait, il faut éviter de jouer entre les deux arrières centraux » « Jamais de relances aveugles dans l’axe ».
- « Il faut prendre le ballon avant le rebond »
- Un défenseur doit « mettre son pied en opposition » et « ne pas se livrer »
- « Il faut à tout prix mettre le pied sur le ballon »et « être un seul à la retombée du ballon »
Larqué a aussi des tics de langages car il répète souvent les choses 3 fois: « Quel contrôle » X 3; « Mon Dieu « X 3; « O que c’est bien joué » X 3, « Placer le mûr » X 3…
Jean-Mimi a une technique qu’il applique à chaque match: il choisit deux joueurs en particulier, un qui est encensé pendant 90 minutes et un autre qui va devenir sa tête de turc. Cette habitude est parfois exaspérante mais elle met en avant une de ses qualités, Larqué ne survend pas les matchs. Mais, des fois, cela vire à l’acharnement voire au lynchage comme pour Koceky, un polonais du FC Nantes dans les années 90. De nos jours, heureusement que Djibril Cissé ne passe plus trop sur TF1 car à chaque hors jeu de l’ex-auxérois, il perd patience.
On sait par exemple que Larqué est un fan de Ribéry dont il a vanté les mérites à outrance pendant tous ses matchs olympiens avant la Coupe du Monde en 2006. Et, je suis souvent d’accord avec les joueurs qu’il couvre d’éloges pendant un match.

(Ribéry, un des chouchous de Larqué)
Maintenant, il en pince pour Benzema. Lors du dernier match des bleus, dès qu’Anelka, transparent ce jour là, touchait le ballon, il répétait qu’il avait été préféré au lyonnais. A chaque retransmission, quand Benzema n’arrive pas à faire la différence, Larqué va dire qu’il faut venir l’aider.
Larqué a une spécificité par rapport aux autres, il connaît à la perfection toutes les parties du pied. Il dissèque, tel un médecin légiste, le contact du cuir de la chaussure avec celui du ballon. Il nous ensorcèle avec son intérieur du pied, son plat du pied, son coup du pied, etc ….(l’énumération serait trop longue et fastidieuse). Il nous parle de surface de contact pour au final conclure en disant que le plus important lors d’une frappe, c’est « d’attraper le cadre ». Tout cela pour en arriver là…
Larqué a souvent les mêmes références ou mêmes blagues. Il est le consultant au monde qui parle le plus de la Real Sociedad. En héritage à son compère Thierry Roland, il perpétue la bonne vieille vanne de donner le nom d’un pote au soigneur qui entre sur le terrain et respecte la loi Toubon en utilisant coup de pied de coin en lieu et place de corner.

(Tout à fait, Thierry)
Il sent aussi souvent bien les coups comme en 93, lors de France Israël au Parc des Princes, quand il s’exclamait « O que je n’aime pas ça » bien avant le but victorieux d’Atar, ce qui n’était qu’un prélude au fiasco de France Bulgarie…
On me dit qu’il n’est pas aussi policé sur RMC lors de son émission radio mais au final, malgré tous ses défauts, je l’aime bien mon Jean-Mimi.
Et puis s’il venait à être remplacé, comme aurait très bien pu dire Thierry Roland, on sait ce qu’on perd mais on sait pas ce que l’on retrouve!
Flo



On a déjà perdu Gilardi…
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