Rennes parie sur Verhoek. Voici le titre d’une des dépêches du journal des transferts de l’Equipe du jour. A l’instar de ce que nous avions fait dans un post intitulé De l’art de décrypter une brève de transfert, attardons-nous sur l’annonce de l’arrivée de cette nouvelle recrue au Stade Rennais. Je tiens à préciser avant de commencer cet atelier lecture que ce transfert a été pris strictement au hasard et que ce n’est pas parce que certains membres de la Team d’Ozibao sont supporters du FC Nantes que nous allons (un peu) taper sur le voisin de Roazhon.
Let’s go. Tout d’abord, pas vraiment emballé, le journaliste commence son article en signalant que l’arrivée de cet attaquant de D2 néerlandaise « a suscité une légère effervescence médiatique ». Le montant du transfert indiqué tend à confirmer ce faible engouement car ce nouveau 9 ne vaudrait qu’un demi-million d’euros. Et de nos jours dans le football, déjà que pour un million tu n’as plus rien! On nous apprend ensuite que le dénommé John Verhoek-qu’il faut prononcer « Férouk »!-vient du FC Den Bosch, club du deuxième échelon hollandais donc. Visiblement conscient de l’affaire, le Stade Rennais n’a pas hésité à lui proposer un contrat long à l’échelle du football, quatre ans et demi. Mais bon, vous me direz, les contrats dans le foot… Et puis, c’est encore un espoir car il a 21 ans. D’ailleurs, le journaliste a sans aucun doute oublié de mentionner son nombre de buts et de sélections avec les espoirs de cette patrie aux attaquants racés tels Van Basten ou Van Nistelrooy. Enfin, on suppose…

(John Verhoek ou Jean Férouk)
Comme le mercato d’hiver sert à « réajuster » les effectifs en cours de saison, on nous indique que notre batave a été rapidement mis dans le bain, se devant d’être performant tout de suite. Il a, en effet, participé dès son arrivée à un entraînement où « il a déjà pu prendre la mesure de la Ligue 1 en se frottant à la meilleure défense du championnat ». Visiblement, cela ressemble à une phrase très diplomatique pour nous dire que la première impression n’a pas été dingue et que les filets n’ont pas dû beaucoup trembler. Mais bon, cela peut se comprendre car les premiers pas de Verhoek se sont déroulés « sous les yeux » d’un des hommes les plus riches de France, François Pinault, accessoirement le patron du club breton. Bref, on comprend qu’il a dû avoir un peu la pression le bougre.
Par la suite, le manager général des rouges et noirs, Pierre Dréossi, affirme: « Nous n’avions pas ce profil dans l’effectif ». Tu m’étonnes, mon Pierrot, quand on vend dans les dernières minutes du mercato d’été Moussa Sow et Ismael Bangoura après avoir perdu Jimmy Briand, Mickael Pagis et Olivier Thomert, on ne tombe pas forcément des nues…. Dréossi continue en indiquant que c’est « un joueur d’appui »(lire qu’il ne va pas vite), « un attaquant axial généreux » (comprendre un gars qui se bat mais qui n’est pas trop technique). Il ajoute qu’il est « doté d’un très bon jeu de tête », le minimum syndical pour un joueur qui mesure tout de même 1,88 m!

Mais, cette nouvelle recrue a quand même de solides références, « il a marqué beaucoup de buts avec Den Bosch, 10 en 17 rencontres ». Conscient qu’on y croit moyen, Dréossi, qui a sillonné tous les Pays-Bas depuis des semaines pour dénicher cette perle rare, demande « un peu de patience car il y a une grande différence entre la D2 néerlandaise et le haut de tableau de la L1″. Sympa de nous le dire, c’est vrai que l’on méconnaît un peu le niveau de la D2 hollandaise. En mode confidence, il finit en disant:« Et c’est vrai, c’est un peu un pari ». Je like bien le « un peu ». De plus, pas un mot de l’entraineur sur son nouveau poulain, ce qui n’est pas forcément bon signe. Frédéric Antonetti n’aurait donc pas l’air d’être à l’origine de ce transfert.
Ce qui ce confirme car le journaliste a aussi interrogé l’agent, qui n’est autre qu’un certain Adick Koot, vieux pote de Dréossi connu à l’AS Cannes et à Lille. Selon cet ancien défenseur, ce transfert « a surpris aux Pays-Bas où cela a créé un petit événement ». On le rassure, dans l’autre pays du fromage, on est aussi un tantinet surpris! A lire entre les lignes, on pourrait supputer que la majorité des fins limiers que sont les recruteurs n’ont pas réussi à trouver sur la carte le grand club formateur de Den Bosch. Cette hypothèse est corroborée car Verhoek a en effet été « un temps en contact avec Bochum (D2 allemande) et Charlton (D3 anglaise) »! Malgré tout le respect que j’ai pour Bochum et surtout pour Charlton où j’ai passé une des mes plus fabuleuses après-midi de football, on ne pas dire non plus que ce sont les plus grands cadors du foot européen! D’ailleurs, avec le recul, on se dit que c’est une chance pour le Stade Rennais que ces deux clubs n’aient pas été plus réactifs…
Après nous avoir vendu un peu de rêve (n’oublions pas que Razak Boukari a lui aussi signé lors de ce mercato), et « en attendant l’éventuelle éclosion du Néerlandais »(dixit le journaliste bien à fond), le président du club, Patrick Le Lay, se la pète un peu: « Rennes (est) en tête des mouvements ». Et c’est pas fini en plus, car la brève se conclut par: « le recrutement de Verhoek n’aurait en effet pas forcément sonné le fin du mercato rennais… »Là, on a hâte de connaître le pedigree de prochain arrivant du côté de la Route de Lorient. Rassurez-vous, plus que quatre jours de suspens insoutenable…
Pour conclure, je souhaiterai, sincèrement, une longue et belle carrière de John Verhoek au Stade Rennais!
Flo